Désolé
Désolé de ne pas avoir été au rendez-vous en septembre. J’étais très occupé à ne rien faire. Et puis la rentrée m’a retourné à l’envers. Cela fait 30 jours que je ne touche plus Terre. Cette newsletter est écrite à l’instant même, dans un TGV lancé à 300 km/h en direction de Lyon où je vais car une vie s’est éteinte cette semaine. Tout ça pour vous dire que je ne comprends toujours pas pourquoi je cours encore partout comme ça, tout le temps. Ca n’a aucun sens. Mais je peux vous garantir qu’aucune IA ne m’assiste dans cette tâche d’écriture. Seul le plaisir compte ici.
Merci à toutes les artistes et tous les artistes ayant répondu à mon appel d’informations. Si mon temps est précieux, le vôtre aussi, et donc merci à vous.
Tout le monde en parle (ou presque)
Mackenzie Leighton s’envole pour Reykjavik pour une résidence artistique et avancer sur son deuxième album. Elle se produira aussi en concert à plusieurs endroits de cette île inspirante qu’est l’Islande.
Greg Novan lui prendra le train pour le Limousin aux mois d’octobre et novembre pour enregistrer son deuxième album. Un coin de paradis qu’il connait bien puisque c’est là qu’il a grandi. Un retour aux sources donc pour celui qui a l’ambition de chanter dans la langue de Molière pour son prochain LP.
5 Horses sort titre à titre un disque acoustique de titres déjà parus. Il est aussi sorti du studio au mois de septembre avec les 6 titres de son prochain EP, une production pop-folk qui empruntera dont tout reste encore à définir en couleurs et envergure. C’est la beauté de l’étape « mix » du projet.
Belle Vedhere est à la recherche d’un.e attaché.e presse. Si vous lisez la news et que vous êtes attaché.e de presse, n’hésitez pas à aller écouter leur musique et à prendre contact avec eux.
L’album du mois
Syd Matters - A Gospel of Some Sort
Voilà, Syd Matters a sorti un nouveau disque. L’attente remonte à loin. 15 ans ou plus, je ne veux surtout pas commencer à quitter cet éditeur de texte pour faire mon malin. 15 ans ça marque déjà une génération. Je suis de la génération des auditeurs de Syd Matters, vous savez, celle qui avait 20 ans quand ils en avaient 25 ou 27 ou je crois en tous cas, ils avaient l’air un peu plus vieux que moi, mais bon pas suffisamment pour que je ne m’identifiât pas à eux. A l’époque, je jouais des reprises dans le bar de mon école de commerce. Et je chroniquais des albums, déjà. Syd Matters passait par là, j’ai sauté dans le wagon de ces mélodies, me demandant à chaque fois si Jonathan Morali connaissait lui aussi Wilco, Jeff Tweedy.
Nick Drake aussi. Evidemment. Enfin, moi je connaissais pas Nick. J’avais très peu de culture musicale, j’étais (je suis toujours) obsessionnel. Et quand on est obsessionnel, c’est compliqué de faire plein plein de découvertes. Un camarade d’école m’assaillait déjà chaque vendredi matin avec ses « tu connais (nom du groupe) » et moi, bah non, je connaissais pas. Je connaissais rien. Mais Syd Matters, ça oui je connaissais. Et je ponçais tranquillement leurs albums que j’avais téléchargé illégalement.
Et les voilà qui reviennent. Pas une grande surprise pour moi qui ai traîné mes savates aux côtés de leur réalisateur artistique (j’ai fait mon dernier disque avec lui), pile poil au moment où Jonathan ressortait de sa caverne.
A Gospel of Some Sort (littéralement « une espèce d’évangile ») est donc le tout dernier album de Syd Matters. A mon avis, ne pas compter 15 années supplémentaires pour qu’ils commettent une nouvelle création, mais ne pas non plus parier sur une nouvelle sortie dans quelques mois… Car l’oeuvre est immense, et il va falloir la digérer. Ca prendra du temps. A leurs créateurs, aussi, mais aux auditeurs, d’abord. A mon sens, cet évangile aurait pu se contenter de son premier chapitre, Armageddon Time. Syd Matters aurait pu surgir avec ce titre et revenir quelques mois, quelques années plus tard avec le pendant, peut-être, de Many Years in The Making (au titre assez explicite quant à l’ampleur et donc la longueur de la tâche accomplie par le cerveau de Jonathan Morali). Et puis voilà, deux titres, un album, merci bonsoir. L’album est TROP bon pour être écouté en 2026. Je m’explique.
Le problème de cet album c’est l’époque à laquelle il sort. Une époque où chaque SECONDE compte. Une époque où il est impossible de ne pas avoir l’attention perturbée à chaque instant par un nouveau sujet, une nouvelle sollicitation, un nouveau désir, une nouvelle envie. Tout le propos de Jonathan Morali, l’influence du diable en personne, probablement. Mais quand même. Impossible de ne pas souffrir à l’idée de savoir que, malgré toute la bonne volonté dont je fais preuve, je n’arrive pas à m’extirper de ma génération, celle de 2026, celle qui n’arrive plus à se concentrer, celle qui veut tout tout de suite maintenant pour pouvoir avoir autre chose juste après. Et cet album, de 11 titres, mérite qu’on lui accorde une attention pleine et entière. Qu’on se plonge dedans, comme on le faisait avec Kid A (Radiohead) à l’époque, avec Yankee Hotel Foxtrot (Wilco) à l’époque.
C’est ce que j’ai fait en vue d’écrire cette chronique, et Dieu, cela m’a coûté. Car l’album est TROP BON et le temps d’attention TROP COURT. Donc on pleure d’être nul en écoute. D’être incapable de diriger son écoute sans perdre le fil. Quelle infinie tristesse. Parlons du fond d’ailleurs. Le fond c’est la dépression. C’est le leitmotiv de cet album. C’est probablement le leitmotiv de la plupart des albums essentiels, de ceux qui marquent leur époque. Une dépression qui est celle de son époque, donc. Celle du diable qui s’est emparé de tout ce qui nous entoure. Qui se rit de nos amours, de nos peines, de nos envies de repos, de tranquillité, de regénérescence. Tout doit brûler, tout doit accélérer, tout doit être clinique et froid.
Ecoutez cet évangile. C’est une bonne nouvelle car une fois que tout le monde aura pris conscience de la merde dans laquelle nous sommes, peut-être pourrons-nous agir ensemble sur le monde qui nous entoure et chasser ce diable hors de nos églises, à commencer par celui qui a fait de nous tous des TDAH en puissance.
Les concerts à venir
le 1/10/2026 - Geoffrey Le Goaziou - La Maroquinerie (première partie de YSE), Paris (75)
le 1/10/2026 - JJH Potter - El Alamein, Paris (75)
le 3/10/2026 - JJH Potter - Le K-Rabo, Rabodanges (61)
le 14/10/2026 - Belle Vedhere - L'Archipel (première partie de Margaret Glaspy), Paris (75)
le 17/10/2026 - Wwhere - L'Eurydice, Paris (75)
le 17/10/2026 - JJH Potter - Festival du Disque, pôle media culture Edmond Guerrer, Colmar (68)
le 17/10/2026 - Max Gomart - La Maroquinerie (première partie des Buttshakers), Paris (75)
